Mardi 08 Septembre 2009, Aéroport d'Heathrow,
Il est 12:00 p.m. Le soleil est haut dans le ciel. La journée s'annonce magnifique, pas un nuage à l'horizon, une vraie dernière journée d'été. Avec Kate nous attendons notre ami US, Jeremy qui a pris un vol de Denvers dans la nuit. Les bagages sont annoncés, il ne devrait plus tarder. A chaque fois que les portes à double battant s'ouvrent chacune de nous écarquille les yeux pour être la première à l'apercevoir. Des couples passent avec des chariots, des familles avec les enfants juchés sur les valises, des hommes d'affaire pressés s'en vont mallette au bras. Au bout d'une heure de va et viens nous allons nous renseigner pour savoir ce qui déclenche ce délai.
Le bureau des information nous annonce que les bagages ont du retard. Nouvelle attente, nous hésitons a aller prendre un café, au cas où il choisisse pile ce moment pour apparaître. Finalement nous nous décidons. Nous faisons de nouveau le guet. Le flux des passagers se modifie. Kate décide d'aller voir au bureau de l'immigration. Ils prennent sont numéro mais pour l'instant rien n'est à signaler. L'air faussement réjouie j'annonce que finalement on va finir par l'avoir notre déjeuner à l'aéroport au lieu de nous prélasser dans les jardins de Richemond au milieu des cerfs.
Nous tergiversons quelques instants avant d'aller nous asseoir. Après quelques minutes Kate reçoit un premier appel. On lui pose des questions sur Jeremy, où elle habite, ce qu'elle a prévu de faire avec lui. Nous sommes plutôt surprise mais Kate me rassure en m'informant que l'immigration aux U.K ne rigole pas. Elle a déjà eu le cas avec un de ses ami australien. ça peut prendre du temps.
Après quelques commentaire grivois sur la vie que pourrais effectivement mener Jeremy, Kate reçoit un deuxième appel nous priant de nous rendre au bureau des immigrations. Là-bas une jeune femme nous reçoit et nous pris de nous asseoir derrière les vitres de son bureau. Les questions commencent. Que savons nous sur Jeremy? Là, je ressens un léger sentiment d'inquiétude apparaître.
Jeremy nous l'avons rencontré en fin d'année dernière vers la période des fêtes. Kate, Karen et moi étions en train de discuter au tour d'un verre dans un charmant pub sur High street Kensington lorsqu'un grand Monsieur, plutôt impressionnent par sa taille et sa carrure nous aborda. Il devait avoir une cinquantaine d'année. Son visage accusait des traits plutôt marqués. Avec ses amis semblait-il, ils étaient à la recherche d'un endroit où ils seraient autorisé à fumer le cigare. Cette demande plutôt inattendue nous a quelque peu prise de court. Après lui avoir expliqué que tous les bars-clubs à Londres sont non fumeur, il est retourné vers ses amis. Nous nous somme replongées dans notre conversation.
Un deuxième membre de leur groupe vint à son tour. Celui-ci était plus jeune. Nous avons commencé à discuter. Puis nous nous sommes mis d'accord, nous connaissions un autre pub où nous pourrions nous installer et faire plus ample connaissance. A la sortie du bar, nous avons été introduites auprès des deux autres membres. Il s'est avéré que c'était en fait deux couples père-fils. Chemin faisant, les deux pères se sont écipsés, nous laissant la tâche de distraire leur progéniture.
Nous nous sommes installés autour d'une table, après avoir commandé des gins toniques nous avons bavardé. Ils nous ont appris qu'ils étaient en escale. Ils venaient d'un mois d'expédition en Ouganda où ils étaient allé avec leur église réaliser des travaux dans le cadre d'une mission humanitaire. Ils repartaient le lendemain matin. Nous voulions les convaincre de revenir plus longtemps afin de découvrir la vie "accross the pond" (de l'autre côté de l'étang-l'atlantique).
Nous sommes rentrés en contact via facebook. Il y a deux mois Jeremy nous a annoncé sa venue. C'est Kate qui s'est véritablement chargé de la correspondance, c'était plus facile pour elle étant donné qu'ils parlent la même langue. Il a annoncé sa venue pour deux semaines. Il prévoyait de voyager un peu en Irlande aussi. Kate se chargeait de l'hébergement.
Donc lorsque l'agent a débuté son interrogatoire, nous nous sommes efforcés de mettre nos mémoires en action. Que fait il dans la vie? Est ce qu'on connaît sa famille? Quels sont les projets prévus durant son séjour? Pourquoi il a une cravate et une chemise dans sa valise? Pourquoi il a emmené des livres d'études? Ou est ce qu'on habite? Comment on se connaît? Qui garde son fils lors de la durée de son voyage? Bref autant de questions auquel Kate a répondu en grande majorité. Elle s'en est plutôt très bien sorti d'ailleurs.
Etant donné que ce genre de personne est à prendre avec des pincettes, nous avons fait de notre mieux pour rester polies et patientes. Elle n'a pas su nous dire combien de temps on aurait à attendre. Elle nous a donné le numéro de téléphone de la salle ou attendait Jeremy. Nous avons échangé quelques phrases avec lui en essayant de tourner le tout de manière humoristique, en nous prometttant d'oublier tout ça autour d'une pint.
Dans l'attente, nous avons échafaudé avec Kate toute sorte d'histoires abracadabrantes et toutes aussi bancales les une que les autres sur la vie et les motivations de jeremy. Et oui, peut être que sur ce coup là on avait été un peu trop naïve! Au moins on était toute les deux... Par dépit, nous nous somme finalement dirigé vers la cafétéria. Nous avons dégusté au sandwich au goût aigre. Au fur et à mesure, notre excitation retombait. Nos efforts pour faire haute figure commençait à nous coûter.
Vers 5:00 p.m nous nous sommes de nouveau rendu au bureau de l'immigration, un peu abattue certe par la tournure des événements. Nous appelions Jeremy régulièrement. Au fil de nos conversations nous avons appris que les livres d'études qui avaient l'air de poser problème était des livres d'arabe. Le fait qu'il ne connaisse ni l'adresse de Kate ni certains détails de nos vie ne faisait qu'accentuer leur doute. Un peu dépité nous avons décidé de quitter l'aéroport. Il pourrai toujours nous rejoindre en transport une fois son intérogatoir terminé.
Pour le punir nous avons décidé de lui attribuer quelques gages comme nous inviter au restaurant, ou d'être de corvée de vaisselle pendant tout son séjour, nous apporter le petit déjeuner au lit... rien ne paraissant assez satisfaisant. Apres un passage sommaire au supermarché, Kate a ouvert une ale qu'on a savouré car finalement bien mérité! Nous étions en train d'échaffauder le programme de la soirée quand le téléphone a de nouveau sonné.
Enfin! C'était la réponse du bureau de l'immigration. Occupée aux quelques préparatifs, j'ai patiemment attendu que Kate termine sa conversation. J'écoutais distraitement son compte rendu lorsque quoi? Je l'ai fait répéter. Etant donné un certain nombre de réponses insatisfaisantes, ils décidaient de ne pas donner l'autorisation de territoire à Jeremy... En d'autre terme ils le renvoyaient chez lui par le premier avion. Incroyable! Moi qui croyait que c'était surtout dans le sens UK- EU que c'était compliqué! Et comment fait-on lorsqu'on va visiter un pays et que personne ne nous attends à l'aéroport? En fait il aurait fallu tout justifier, connaître les détails de la vie de l'autre... bref nous avons senti notre liberté se flétrir quelque peu.
Etre tributaire de gens qui décide si les circonstances dans lesquelles tu rencontre tes amis sont satisfaisantes ou non se révèle être très très frustrant. Et que se passera-t-il la prochaine fois? Et puis de toute manière, je crois que Jeremy va être vacciné du territoire UK pendant un petit moment. On s'est quand même dit qu'on avait de la chance de pouvoir voyager sans frontière au sein de l'Europe... on a déjà ça de pris.
Alors finalement la morale?
Amis voyageurs méfiez-vous des bureaux d'immigration?
Ou Amies filles, ne vous liez pas trop vite avec n'importe qui.. de toute manière les agents se chargent de protéger les citoyens!!!